26 janvier 2008
Présentation
Bonjour à tous,
actuellement en deuxième année de prépa littéraire (khâgne), j'ai voulu créer ce blog pour apporter des renseignements aux élèves qui veulent aller en prépa eux aussi.
N'oubliez pas que tout ce que vous lirez ici est mon point de vue personnel, j'écrirai comment J'AI vécu la prépa, sans que ce soit forcément le ressenti de tout le monde; Lorque j'étais en terminale, j'ai cherché sur internet beaucoup de témoignages, de blogs etc. d'étudiants en prépa, pour avoir une idée que ce qu'on peut y vivre au fil de l'année... mais je n'ai pas trouvé grand chose à part des bouts d'info par-ci par-là, et en tout cas rien qui était vraiment consacré à ce sujet. Je pense avoir aujourd'hui assez de recul pour vous présenter mon parcours.
Bonne visite !
Edit du 8 janvier 2009 : Ce blog est toujours d'actualité, même si ses messages datent de l'an dernier. N'hésitez pas à laisser des commentaires, j'y répondrai toujours avec plaisir !
Peut-on allez en hypokhâgne en venant de la filière ES ?
Bien que je sois en prépa littéraire, j'étais en section ES au lycée. Si c'est votre cas et que vous vous demandez si c'est un handicap, rassurez-vous ! J'irai même jusqu'à dire que cela peut être un avantage de venir de la section ES !
Au niveau du programme d'histoire-géo cela ne change rien puisque c'est le même en L et en ES. Là où cela devient intéressant, c'est dans la méthode. En ES, on apprend à construire des dissertations très structurées, ce qui aide beaucoup dans toutes les matières de prépa. Même si l'exercice est différent, c'est toujours bien d'être rigoureux dans ses démonstrations. La formation économique aide pour certains cours de géographie (sur l'industrie française par exemple).
En ce qui concerne la littérature et la philo pas de panique ! le rythme est tellement différent entre la prépa et le lycée que rapidement tout le monde se retrouve au même niveau. Le conseil que je pourrais vous donner est de lire quelques livres pendant les grandes vacances (vous verrez, certains en auront lu des dizaines, mais dans mon cas ingurgiter des info à toute vitesse est une méthode qui ne marche pas!) ce qui est important est de connaitre ces quelques livres assez bien pour pouvoir les utiliser en exemple dans vos premières disserts. Et puis c'est bon pour le moral d'avoir une impression de déjà-vu quand le prof parle d'un livre que vous connaissez.
En ce qui concerne les scientifiques, il y a toujours quelques uns et ils s'en sortent très bien.
Les notes ?
Alors en général, quand on est prévenu, ça va... ne vous attendez surtout pas à avoir les mêmes notes qu'en terminale ! Bien sûr cela dépend de la notation choisie par les profs, et des matières, mais dans l'ensemble on peut estimer qu'avec 10/20 on s'en sort plutôt bien.
Au début de l'année j'ai vu des filles pleurer devant leur première dissert... forcément quand on est habituée à avoir 18 et qu'on se retrouve avec 5 ou 6 ça fait un choc. Mais mettez-vous dans la tête que ce ne sont pas les notes qui comptent !
Au lycée, on prépare un diplôme (que tout le monde peut avoir si le boulot qu'il rend correspond à ce qu'on lui demande). En prépa on prépare un concours : il n'y a que les meilleurs** qui le décrochent. Le but de la notation est donc de creuser les écarts au maximum, pour éliminer le plus de candidats possible et garder ceux qui se détachent du lot. Durant l'année c'est un peu différent car le but est tout de même de voir votre progression et pas de vous casser, mais vous êtes toujours notés par rapport aux autres. Ce qui est significatif n'est pas la note que vous obtiendrez, mais comment vous vous situerez par rapport à la moyenne de classe. Au-delà de ça, ce qui intéresse le plus les profs, et ce qui détermine en partie l'obtention de vos équivalences est votre progression personnelle.
**attention quand je dis "meilleurs" il ne faut pas s'affoler ! ça ne veut pas dire que les autres (c'est à dire l'immense majorité) sont nuls ! En classe, on peut avoir l'impression de se sentir écrasé, avoir l'impression que les autres en savent 10 fois plus que nous, souvent c'est faux. En général ceux qui se font le plus remarquer (qui participent sans cesse, utilisent des mots compliqués etc.) sont très fort pour bluffer ! oui il savent beaucoup de choses mais c'est souvent très scolaire et on est étonné de s'apercevoir qu'il y a certaines choses plus basiques qu'ils ne connaissent pas !
Le travail ?
Pour pouvoir aller en prépa, il faut être sûr d'avoir encore une marge de manoeuvre niveau travail fourni en terminale. Quand on est en hypokhâgne, on fini par se dire qu'on ne foutait rien au lycée ! La charge de travail est beaucoup plus importante, mais on apprend (un peu forcé et contraint) à travailler différemment. Si mes souvenirs sont bons, je dirais qu'en hypokhâgne je bossais minimum 3-4h par jour en plus des cours, et tout l'après-midi les jours où je n'avais cours que le matin. Cela varie suivant les semaines (quand vous aurez une dissert de français ou de philo en plus du travail "habituel" cela vous arrivera certainement de boucler votre conclusion à 1h du mat').
En ce qui me concerne, même triplant mon temps passé à travailler par rapport à la terminale, il me restait encore un peu de temps en hypokhâgne. En général je me débrouillais pour en faire le minimum le week-end (qui commence souvent à midi après le DS du samedi matin). Même ceux qui avaient le plus de mal à s'avancer au lycée s'y mettront en prépa par la force des choses. Ca se fait quasiment tout seul car en général le programme d'une semaine de boulot est assez cadré et on fini par trouver son rythme.
Cette année en khâgne, je pense que je suis vraiment au maximum de mes capacités. Description d'une journée classique : lever à 7h, début des cours à 7h55 jusqu'à 12h. Pause repas jusqu'à la reprise des cours à 13h, souvent j'ai besoin de réviser quelque chose en même temps, ou de finir de recopier quelque chose que je dois rendre l'après-midi. Cours jusqu'à 17h. Retour à mon appart, petite pause goûter. Après c'est boulot de 17h30 à 19h, heure du repas, puis de 20h-20h30 (il y a eu la douche entre temps) jusqu'à... minimum 22h30. Le mercredi après midi c'est boulot de 13h à 19h non-stop et souvent quelques heures de plus. Le samedi et le dimanche grass' mat' (lever vers 10h30), avec en général une dizaine d'heure de boulot sur ces 2 jours. En deuxième année il faut compter autant d'heures de boulot personnel que d'heures de cours. (les 35h c'est pas pour les khâgneux)
Latin et Grec
Je suis moi-même l'option lettres classiques : en 2e année j'ai 4h de grec, 4h de latin, 1h de thème latin et 2h d'histoire ancienne.
Je dois avouer que je ne connais pas trop le contenu des réformes (qui s'appliquent à partir des hypokhâgneux de cette année) car je ne suis pas concernée et on n'en entendait pas du tout parler avant la fin de l'année dernière.
Tout ce que je peux vous dire, c'est que j'ai été très surprise, en m'engageant dans une fillière littéraire, de trouver aussi peu de latinistes. L'an dernier, sur 2 classes d'une cinquantaine d'élèves, nous étions seulement une petite quinzaine à avoir fait du latin au collège et au lycée. Beaucoup ont débuté cette matière en hypokhâgne. En ce qui me concerne, j'ai débuté le grec ancien en étant bien contente d'avoir déjà fait du latin parce que ça va vite! Mais les débutants sont en très grande majorité. Il ne faut donc pas se dire que c'est un handicap si on n'en a jamais fait auparavant car c'est comme (presque) tout le monde !
En ce qui concerne le latin (ce que je préfère et ce que je maitrise le mieux), il faut apprendre pas mal de choses par coeur, les déclinaisons, le vocabulaire par exemple. Je trouve que les conjugaisons sont extrêmement logiques, les irrégularités sont rares. Il est très utile de maitriser parfaitement la conjugaison française (savoir ce qu'est un subjonctif plus-que-parfait par exemple). En tout cas le latin, qui est très logique, très méthodique selon moi, aide à comprendre le français et inversement. Au-delà de la pure syntaxe, on trouve dans les textes latins et grecs un état d'esprit particulier des hommes de l'époque, et des thèmes qu'on retrouve dans la littérature "moderne".
Etre admis...
Ce dont je suis convaincue, c'est que si on a une chance d'être admis, on pourra l'être quelle que soit la prépa qu'on a aura fréquentée. Je pense qu'il est bien plus épanouissant de se sentir à l'aise dans une "petite" prépa qu'oppressé dans une prépa très côtée où les taux de réussite sont mirobolants mais les classes surchargées.
27 janvier 2008
Lectures
Avant de rentrer en prépa on demande souvent à nos connaissances qui y sont déjà passées ce qu'on peut faire pour se préparer avant la rentrée en hypokhâgne. Tout le monde nous dit "il faut lire". C'est bien gentil mais il faut lire quoi ? Parce que des "classiques de la littérature" il y en a un paquet ! Si notre dossier est retenu dans une des prépa qu'on avait demandées, et qu'on accepte de s'y inscrire, on reçoit pendant les grandes vacances une énooorme liste de conseils de lecture. Je connais des personnes qui ont tout fait pour en lire le maximum, de peur d'être à la ramasse si elles ne les connaissaient pas tous. Ce que je trouve plus raisonnable, c'est d'en choisir quelques uns, qu'on trouve agréables à lire de préférence.
En prépa littéraire, on étudie la littérature française, de Rabelais à Sartre pour faire vite. Personne ne vous tuera s'il vous arrive de citer Shakespeare ou Orwell ponctuellement dans une dissert si c'est vraiment pertinent, mais ce n'est pas ce qu'on attend de vous. Pour vous donner une idée, voici les livres que j'ai étudiés en hypokhâgne :
ROMAN : Les Lettres Persanes (Montesquieu), La Princesse de Clèves (Madame de la Fayette), Le Rouge et le Noir (Stendhal), Trois Contes (Flaubert), Combray (Proust), Le hussard sur le toit (Giono).
POESIE : Les Regret et Les Antiquités de Rome (du Bellay), Les Fleurs du mal (Baudelaire), Alcools (Apollinaire) et d'autres auteurs moins en détail (Hugo, Ponge, Mallarmé, Agrippa d'Aubigné...)
THEATRE : Cinna et Le Menteur (Corneille), Phèdre (Racine), L'école des femmes (Molière), En attendant Godot (Beckett), Les Bonnes (Genet).
On doit apprendre à lire "vite" et c'est parfois frustrant. Une pièce de théâtre en général ça prend peu de temps, mais L'éducation sentimentale de Flaubert ou les Illusions Perdues de Balzac, c'est une autre paire de manches...
Le sommeil
Aïe aïe aïe... je dirais que c'est ça le plus difficile à gérer en prépa ! Selon les périodes, on est crevé, mais on a beau dormir, on est toujours fatigué. On bosse le soir, puis à 1h du mat' on est content, soulagé, on se dit "ouf j'en peux plus je vais enfin pouvoir dormir"... sauf que là, c'est pas possible. On cogite on cogite, et plus on se dit qu'on aura pas assez d'heures de sommeil si on s'endort pas tout de suite, moins on arrive à s'endormir. Finalement, organiser son travail ça finit par se mettre en place facilement, mais la fatigue morale est bien là. Le week-end c'est donc grass' mat' ! En hypokhâgne dès que j'avais un moment dans la journée, je dormais : j'ai littéralement redécouvert les joies de la sieste !
29 janvier 2008
Par coeur
Un petit message en rentrant du lycée, juste avant de bûcher sur mon thème latin, d'étudier la fameuse tirade d'Hamlet (dans le texte) et.... d'apprendre mon vocabulaire d'anglais pour demain !
Et oui, en prépa on redécouvre les joies (haem haem) de l'apprentissage par coeur (le travail de mémorisation comme dirait mon prof de grec). Pour ceux qui ne les connaissent pas encore, cela comprend les déclinaisons et conjugaisons en langues anciennes, les départements français avec leurs villes principales, les fleuves etc etc mais surtout le VOCABULAIRE. Je l'estimerais à une soixantaine de mots, voire plus, par semaine et par matière, c'est à dire les langues vivantes et les langues mortes.
Le but de cet exercice est, exepté une possibilité d'avoir une note correcte à l'interro hebdomadaire, d'aller plus vite le jour du concours qui je vous le rappelle est un CONCOURS. Autrement dit, plus vous connaitrez de mots que les autres ne connaissent pas (en anglais par exemple), ou moins de temps vous perdrez à chercher dans le dico (en latin), plus efficace vous serez! Notez aussi que les oraux de latin et de grec se passent sans dico...
31 janvier 2008
Des questions sur la prépa ?
Pour l'instant je pense avoir décrit le principal, laissez-moi des commentaires si des questions vous trottent dans la tête, s'il y a des sujets que vous voudriez de j'aborde...